Faut-il vraiment visiter Rome ou Milan à vélo ? La réponse honnête est : oui, mais pas n'importe où ni n'importe comment. Les deux villes ne sont pas Amsterdam : circulation dense, pavés, scooters et rails de tramway exigent de la vigilance. En revanche, elles cachent des itinéraires superbes, à condition de savoir où les trouver.
Rome : la ville éternelle, version réaliste
Ce qui complique la tâche
- Les sampietrini, ces pavés de basalte qui couvrent le centre historique, sont inconfortables et très glissants par temps humide.
- Le relief : Rome est bâtie sur des collines, et certaines montées surprennent.
- La circulation : voitures, bus et deux-roues motorisés y sont nombreux et le partage de la route reste un apprentissage.
Conséquence : le cœur historique, autour du Panthéon ou de la fontaine de Trevi, se découvre mieux à pied. Le vélo prend tout son sens ailleurs.
Les meilleurs itinéraires romains
La voie Appienne antique (Appia Antica). C'est l'expérience incontournable. Le Parc régional de l'Appia Antica, au sud-est du centre, permet de rouler au milieu des tombeaux, des aqueducs et de la campagne romaine. Des loueurs de vélos sont installés à proximité, et l'office du tourisme de Rome les recense (turismoroma.it). Attention : certaines sections conservent les grandes dalles antiques, très irrégulières. Un VTC ou un vélo électrique à pneus larges est préférable, et il faut parfois mettre pied à terre.
Les berges du Tibre. Une piste cyclable suit le Tibre en contrebas des quais. Elle permet de traverser une partie de la ville au calme, loin du trafic. Son état peut varier selon les sections et la saison, et elle peut être fermée en cas de crue : renseignez-vous avant de partir.
Les grands parcs. La villa Borghese et d'autres parcs romains offrent des allées agréables pour une balade détendue, en respectant les piétons.

Milan : plate et mieux équipée
Milan a un atout majeur sur Rome : elle est plate. La ville a aussi développé un réseau de pistes cyclables et un système de vélos en libre-service, BikeMi, avec des vélos classiques et électriques. Pour un visiteur, c'est une base de départ nettement plus facile.
Les pièges milanais
- Les rails de tramway sont omniprésents. C'est le danger numéro un : traversez-les franchement, le plus perpendiculairement possible, et ne roulez jamais dans leur sillon.
- Les pavés subsistent dans certains quartiers et le long de certains canaux.
- La circulation reste dense aux heures de pointe.
Les meilleurs itinéraires milanais
Le Naviglio Grande. Au départ de la Darsena, le chemin de halage (l'« alzaia ») longe le canal vers l'ouest. Jusqu'à Abbiategrasso, il faut compter une vingtaine de kilomètres, pratiquement plats, en traversant Corsico, Trezzano sul Naviglio et Gaggiano. Prudence : sur certaines portions, le chemin est partagé avec les voitures et n'est pas toujours protégé du canal par une barrière.
Le Naviglio della Martesana. Au nord-est de la ville, une piste longe le canal de la Martesana et permet de s'échapper vers la campagne lombarde dans un cadre paisible.
Les quartiers à explorer. Le secteur des Navigli et de la Darsena, le parc Sempione autour du château des Sforza, ou encore les quartiers modernes de Porta Nuova se découvrent agréablement à vélo.
Rome ou Milan : laquelle choisir ?
| Critère | Rome | Milan |
|---|---|---|
| Relief | Vallonné | Plat |
| Itinéraire phare | Appia Antica | Naviglio Grande |
| Principal danger | Pavés et trafic | Rails de tramway |
| Pour qui ? | Cyclistes aguerris, ou balades ciblées | Débutants et cyclistes urbains |
Quand partir ?
Le printemps et l'automne sont idéaux dans les deux villes. L'été peut être très chaud, à Rome en particulier : roulez tôt le matin, emportez beaucoup d'eau et faites une pause aux heures les plus chaudes. En hiver, Milan peut être brumeuse et froide, ce qui rend l'éclairage indispensable.
Où dormir
Pour un séjour réussi, le choix du quartier compte autant que celui du vélo : à Milan, loger près des Navigli permet de partir directement sur le chemin de halage ; à Rome, un logement bien desservi évite de traverser le centre à vélo. Hexuvium, conciergerie de location courte durée, gère des logements dans les deux villes : jetez un œil aux logements Hexuvium à Rome et à Milan. Si vous venez avec votre vélo, pensez à demander à l'hôte où le ranger : les cours et les escaliers des immeubles anciens réservent parfois des surprises.

Les précautions indispensables
- Casque recommandé, notamment sur les pavés et dans le trafic urbain.
- Éclairage avant et arrière dès la tombée de la nuit.
- Code de la route italien : respectez les feux, les sens interdits et les zones piétonnes.
- Antivol solide : ne laissez jamais un vélo non attaché, même quelques minutes.
- Vigilance aux portières : gardez une distance de sécurité avec les voitures garées.
En résumé
Rome se savoure à vélo sur l'Appia Antica et le long du Tibre ; Milan, plate et mieux équipée, se prête davantage à la découverte urbaine et aux échappées le long des Navigli. Dans les deux cas, choisissez vos itinéraires et votre vélo avec soin, et gardez l'œil sur les pavés et les rails.



